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histoire de la maison
Index de l'article
histoire de la maison
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Notes (1) et (2) 

(1) Conf. Le “Terrier des biens fonds scis en ville et dans le ban (de F.) expédié et fini à Fénétrange le dernier décembre 1719”, conservé aux archives communales de Fénétrange et élaboré par l’arpenteur renommé Maurice Le Page, “ingénieur du Roy”, qui a remesuré toutes les limites territoriales (finage) de la baronnie de Fénétrange de 1717-21. Un exemplaire du livre cadastral concerné doté respectivement d’un plan de la ville et du finage se trouve aux archives départementales de Nancy (N° 11765-67). L’exemplaire appartenant à la commune de Fénétrange n’est qu’un duplicata de l’année 1729 dépourvu de plan de ville et de plan cadastral.

(2) Conf. La description qu’on y trouve de la maison des héritiers de Wenceslas Vogel, père de Daniel Vogel et anciennement appelée maison de fer (sur l’emplacement de laquelle se trouve maintenant la maison  Eiselé N° 123).

L’appellation “maison de fer” qui n’était plus usitée en 1719 je ne l’ai également jamais rencontrée dans les comptes administratifs de la seigneurie de Fénétrange datant du 16ème et du 17ème siècle. Eut-elle déjà été tombée en désuétude auparavant ?

Quelle est alors parmi les maisons actuelles celle qui s’élève présentement sur l’emplacement de celle-ci ?  Les comptes administratifs de la maison de Vaudémont de 1676 nous en donnent une précieuse indication, bien que peu claire, disant que la maisonnette appartenant aux dépendances de la maison de Salm et touchant les écuries de cette dernière, qui se trouvait alors en ruines, aurait été vendue au maître cordonnier Jean-Jacques Bricka par le prince de Vaudémont le 26 août de l’année précitée. (1) lorsque j’ai publié mon premier document écrit sur Moscherosch en 1893 il me semblait, d’après les indications des emplacements et autres détails obtenus plus haut, que la maison Wilhelm N° 134 sise sur l’actuelle place du marché, occupée l’emplacement de la maison de Salm. En tout premier lieu il faut dire qu’il se trouve en face du vieux château. Sur le plan de la ville de  Fénétrange de 1713 (2)  un bâtiment beaucoup plus petit, portant l’inscription “maison à Jean Adam Bricka (sic)” est dessiné transversalement dans le dos de celle-ci et qui ne peut être tout bien réfléchi que celui à qui en 1676 par son père Jean-Jacques. Avec son étroite façade celui-ci (bâtiment) donne sur le passage étroit qui sépare toujours les actuelles habitations Wilhelm N° 134 et Schmitt (N° 121) et donne accès à la cours de cette dernière. Sur le même emplacement se dresse maintenant  une maisonnette annexe similaire appartenant à la maison Schmitt située en face et au-delà de l’étroite venelle et qui est utilisée par les propriétaires comme atelier pour la fabrication de chaussures.

Notes page 231 (1) En la dite ville (de F.) y dit-on, il y a plusieurs maisons, escuries  et granges, scavoir… (comme nous l’avons déjà signalé plus haut) la dite maison communément appelée la maison Salm et une autre petite maison joignant  l’écurie d’icelle toute en ruines vendue l’an du présent compte à maître Jacob Bricka cordonnier, pour la somme de 85 Risdallers (Reichsthaler) payable en deux termes (conf. archives départementales Nancy B 6103) (2) Plan de la ville de Fénétrange et l’ordre et quantité de maisons et masures avec les noms des habitants et officiers qui y résidaient en … suite de la note coupée par la photocopieuse)

(page 232)  En me basant sur la concordance frappante entre les comptes administratifs de la maison de Vaudémont de 1676 et le plan de la ville de Fénétrange de 1773 d’une part et les renseignements fournis par les constructions  actuelles d’autre part, j’en ai tiré la conclusion dans mon livre ( ?) “Moscherosch et le château du Géroldseck” que l’actuelle propriété Wilhelm située devant la petite maison déjà évoquée de la rue de la porte d’en haut occupe l’emplacement où se dressait jadis la maison de Salm.

C’était là, il est vrai, une supposition maintes fois justifiée. Je ne pus cependant pas parvenir, je dois l’avouer, à un résultat absolument sûr, et il s’avéra bientôt que j’avais fait fausse route. En effet, lorsque j’entrepris il y a quelques années de nouvelles investigations relatives à Moscherosch aux archives départementales de Nancy, j’ai trouvé tout à fait fortuitement la solution tant recherchée de l’énigme qui nous préoccupe, dans les comptes administratifs réalisés en 1670 par Monsieur du Plessis. Dans ceux-ci (1) la description sans cesse reprise de la maison de Salm est donnée comme suit :

“En ladite ville (F.) il y a plusieurs maisons, escuries et granges, scavoir la maison cy-devant  appartenant au duc (sié ! lies : aux ducs) de Croy et Havré par indivis au-devant du château avec les appartenances, aisances et dépendances, ladite maison appelée la maison de Salm appartenant seul à Monseigneur ”.

“ Et une autre petite maison joignant l’escurie dicelle ainsi que le tout est occupé présentement par le sieur Piat, contrôleur et fiscal pour Monseigneur ”.

A côté du premier alinéa de cette double inscription une main postérieure a cependant porté la mention marginale suivante : “1719, est vendue à Henry Müller”. Et à côté du deuxième alinéa il est dit également : “1719 : idem vendue audit Müller” en allemand dans les deux cas : “1719 est revenue par achat à Henri Muller” ce qui ne signifie pas que la vente a été conclue en 1719 mais plutôt  que cette inscription était depuis plus ou moins longtemps un fait accompli consigné ici semble-t-il  uniquement pour ne pas passer sous silence dans le registre cadastral de la ville de Fénétrange qui était alors en cours d’élaboration. (1) Note de fin de page 233

(1) Archives départementales de Nancy, chambre des comptes B 6097, page 4.

(page 233 à partir de la ligne 3) Examinons à présent si l’actuelle propriété Muller sise face au château est bien mentionnée sur le plan de la ville de Fénétrange datant de l’année 1713. Et voici qu’on la trouve effectivement à l’angle place du marché - place de la justice avec la légende : Maison à Henrick (Henri) Muller, boucher (actuelle maison des frères et sœurs Schmidt 121, rue de la porte d’en haut). Elle n’est séparée à gauche que par une étroite venelle de la maison avoisinante Bach (1719 : Maison Séb. Lerch, à présent Maison Wilhelm), que j’ai prise en son temps pour la maison de Salm. Le boucher H. Muller, devenu aubergiste par la suite, a réuni par conséquent entre ses mains tout le complexe immobilier qui formait jadis la maison de Salm, y compris la petite maisonnette, qui fut vendue en 1667 par la seigneurie à Jean-Jacques Bricka et qui avait été probablement reprise par celle-ci en vertu du droit de rétraction (jus retractus) alors en vigueur, au duc de la seigneurie de Vaudémont en 1699, avec la part duquel Fénétrange passa par voie d’échange au duc de Lorraine autour de 1708, ou encore si la maison précitée venait juste d’être vendue à un bourgeois par le duc de Vaudémont avant cette inscription manuscrite, je l’ignore.

D’après la confrontation de la mention marginale ajoutée postérieurement aux comptes administratifs de 1670 au plan de la ville de Fénétrange de 1713 il ressort avec une certitude absolue que :

Note (1) du haut de la page 233 “Dans ces comptes administratifs, on trouve en effet un peu plus loin des mentions marginales identiques écrites par la même main concernant d’autres ex-immeubles de la seigneurie de Vaudémont. On y lit : de la“masure au devant du chasteau dicte de Landsberg” “1719 est laissée à Jean Jacob Marin et à S.A.S. de Salm ; ” – d’une maison“ joignant ladite masure, appartenant aux héritiers de Venceslas Vogel” (actuellement maison Eiselé) “ 1719, à présent à Jean Adam Bricka”- de la chancellerie “vendue à Jean Adam Bricka.” – provenant de l’ancien hôpital situé près de la porte d’en bas (actuel N° 102) “ladite maison eschue à Pierrard-fils en 1718 et est à présent au Sieur Charles Klein, procureur des bourgeois de la ville.” On peut en déduire que toutes ces mentions proviennent d’un fonctionnaire de langue française qui s’occupait en 1719 de la constitution du registre cadastral de la commune de Fénétrange sous la direction de l’ingénieur Maurice Le Page. (page 234) 1) Que la maison de Salm d’avant 1713 fut vendue après 1699 par la seigneurie ( de Vaudémont ou de Lorraine) qui en était propriétaire au boucher Henri Muller ; 2) Que la maison appartenant désormais à Henri Muller était sise à l’angle rue de la porte d’en haut- place de la justice et que par conséquent 3) le logement de service de la maison Pomérano- Croyenne  se trouvait à cette même place du temps de Moscherosch (1)

Quand donc la maison de Salm fut-elle démolie par le nouveau propriétaire voire l’héritier de celui-ci, pour être remplacée par une nouvelle construction ? Selon toute vraisemblance la vieille construction existait encore en 1713 et le plan de Fénétrange de la même année nous offre l’esquisse quelque peu singulière de l’ancien siège seigneurial tel qu’il existait à peu près du temps de l’administration Moscherosch. Sur le plan de la ville de 1719 annexé au registre cadastral de Fénétrange dessiné à une échelle plus petite, la maison d’habitation des Muller de ce temps là se distingue avec moins de précision de ses dépendances ( maisonnette annexe, cours et écurie). Par contre ce registre nous offre une description de la propriété Muller avec l’explication de l’esquisse de l’année 1713. On y lit en effet sous le titre :

Henri Muller bourgeois

Boucher et cabaretier, où pend pour enseigne

l’Agneau d’or

“Deux (2) maison située sur la rue de la porte d’en haut, où Note (1)  Le fait que la maison de Salm était déjà la propriété d’Henri Muller en 1712 résulte, selon toute vraisemblance, du chiffre de l’année 1712. celui-ci se trouve dans une des caves de l’actuelle maison Schmitt où il a été gravé profondément par l’index d’un ouvrier malin dans le crépis tout frais et tendre d’un vieux pilier de base. Non loin de là, sur l’autre côté du même pilier se trouve le graffiti I.H.M. (Jean Henri Muller) qui a été incisé en toute hâte à l’aide d’un instrument pointu dans ce même crépis lisse mais déjà sec. Toutefois, il n’est pas prouvé que ces initiales datent de la même époque que le chiffre de l’année citée. Il est cependant très probable que les répartitions présumées aient été effectuées par le nouveau propriétaire de la maison. (2) A l’origine il était dit ici : “une maison située ” etc. Le mot une fut cependant gratté par la suite et remplacé par deux, sans que les mots de la suite “maison scituée ” aient été accordés à ce pluriel.

(page 235) Il réside, avec ses escuries, fourny, cours, dépendances et appartenances régnant vers l’Ouest le long de la place de Justice, d’autre part de son escurie  en la rue dite Wustgass, touchant icelle du haut vers le midi à l’escurie de Jean-Jacques Bricka, d’autre part à celle du Sieur Ulrich Schild, comme vers ce côté la cour joint la masure appartenant à l’Eglise, ladite cour règne le long  de ses escuries et à sa sortie entre sa maison et celle de Sébastien Lerch sur laquelle ruelle sa maison a ses jours et sorties ; entre la maison de Lerch et l’escurie de Jean Bricka est situé son fourny‌”

Voici l’esquisse de la propriété Muller d’après le plan de la ville de l’an 1713.

La propriété Muller (ancienne la maison de Salm, actuellement maison des frères Schmidt, N°121) d’après le plan de la ville de Fénétrange en l’an 1713.

Insérer schéma

(page 236) Le propriétaire de la maison de Salm en 1719 était par conséquent le boucher et cabaretier Henri Muller qui n’est quasi sûrement personne d’autre que le boucher Henri Muller de 1713. Il avait entre temps transformé sa nouvelle propriété en cabaret dont la façade à pignon donnant sur la rue de la porte d’en haut portait un agneau doré suspendu comme enseigne (ou pend pour enseigne l’Agneau d’or).

Derrière sa maison d’habitation s’ouvre une cour sur le plan de la ville de 1713 qui était située un peu plus bas que l’actuelle, un cour rapetissée par ses encastrements pratiquées au N° 121, mais qui tout comme celle-ci se trouvait en communication : à l’est avec la place de justice grâce à une porte élevée, au sud avec la rue de la porte d’en haut grâce à une venelle étroite. Du temps du duc de Croy, cette même cour tendait par surcroît  un bras vers la Wüstgass (venelle de Wust) en passant derrière les maisons actuelles 134,135 et 136 (1).  Sur ce large passage se trouvait tout près d’une maisonnette d’arrière-corps donnant sur la venelle précitée, la seule écurie de la demeure des maîtres. Quand cette jadis si noble résidence fut ravalée au rang d’une auberge, le bras de la cour s’étendant jusqu’à la Wustgass fut couvert d’écuries qui existent encore de nos jours, mais qui n’appartiennent plus au complexe immobilier d’autrefois. (2)

Selon toute vraisemblance, Henri Muller ou son fils du même nom ne firent démolir la vénérable maison de Salm que dans les années 1722-23 et remplacer celle-ci par l’actuelle maison N°121. Cette datation de pure supposition résulte des inscriptions citées ci-après, que l’on peut encore trouver dans cette construction ou qui s’y trouvaient il y a peu de temps, à savoir :

            1. Une autre inscription dans une cave portée dans le crépis tout frais, appliqué dans un vieux mur de fondation : portant la dénomination “A.M….1722 ”.

Note (1) 1713 maisons Bach, Koch et Hohstein; 1719 les maisons Sébastien Lerch (auberge au boeuf rouge) Koch et Hohstein qui sont actuellement les maisons Wilhelm, Stache et Klein.

Note (2) Ces écuries appartiennent maintenant à l’avant dernier propriétaire du domaine Muller, à savoir au notaire Ditsch qui les a retenues, quand il vendit le complexe immobilier (avec la maisonnette annexe) aux frères Schmidt.

(page 237) 2. Le millésime 1723 se trouvait sur une pierre de grès (actuellement en possession de Mr le notaire Ditsch) qui provient de l’un des deux bans qui se trouvaient jadis dans la rue de la porte d’en haut des deux côtés de l’entrée principale de l’habitation Muller. Au-dessus de ce millésime, on aperçoit à droite et à gauche de l’enseigne de la maison (agneau couché, au repos), fréquemment visible de nos jours encore dans la propriété précitée les initiales des noms des propriétaires de ce temps là.

I H (image d’un M= Jean Henri Muller

       AM agneau)       B= Anne-Marie Bricka ?(2)

1723

Sur le linteau de porte qui est placé actuellement au-dessus de l’entrée de la buanderie dans la cour de la maison Schmidt et qui occupait jadis à coup sûr une place plus distinguée se trouve, il est vrai, le millésime 1733 sous l’agneau dessiné au milieu d’une couronne entre les initiales H M. Mais comme parmi les inscriptions citées la plupart de celles-ci indiquent  l’année de construction 1722-23, et comme le millésime de 1723 parachève nommément la plus complète de ces inscriptions, je suis enclin à supposer qu’il faille différer la date de démolition de la maison  de Salm ainsi que son remplacement par l’actuelle maison 121 vers les années 1722-1723.

Un membre probablement plus jeune de la famille Muller a associé le siège d’un maître de poste de Fénétrange à l’auberge qu’il a hérité, et l’activité de ce dernier convenait tout à fait bien à sa propriété munie de vastes dépendances de part et d’autre de la Wustgass.

Notes (1) A savoir : 1. sur deux cheminées qui ornaient au premier étage lez deux plus belles chambres de l’ancienne auberge ; 

                                    2. sur la clé de voûte de la haute porte de plein cintre allant de la cour vers la place de justice et             3. dans la cour, tout près de là, au linteau de porte de la buanderie.

(2) Quant à savoir si j’ai bien interprété les initiales A M B qui apparaissent aussi partiellement sur l’inscription de 1722 dont je viens de faire état, je n’y insiste pas.

(3) Henri Muller possédait déjà en 1713 une grande écurie située de l’autre côté de la Wustgass.

L’auberge de l’agneau d’or qui (page 238) à partir de ce moment fut appelée communément la “poste” (1)  (ancienne poste actuellement) était pour tout ceux qui voyageaient en malle-poste sur le grand axe économico-stratégique Strasbourg – Fénétrange – Nancy – Paris une halte bienvenue et bienfaisante. A l’endroit où Moscherosch avait présidé à sa lourde fonction au milieu d’ennemis de toutes sortes, là où il avait écrit la plus grande partie de son “Insomnis cura parentum” et ses visions régnait souvent une atmosphère joyeuse et bruyante.

Après que les diligences postales Strasbourg – Nancy furent supprimées vers le milieu du siècle dernier(19ème) à cause de l’installation des lignes de chemin de fer voisines, l’auberge de l’Agneau d’Or périclita petit à petit pour cesser finalement toute activité. L“ancienne poste” passa d’abord par vente de la famille Muller à Sieur le notaire Ditsch et plus tard de ce dernier aux frères et sœurs Louis, Christine et Eugénie Scmidt qui la possèdent encore actuellement. La maison de Salm n’était pas du tout une construction du genre manoir comme l’était la maison de Rhingrave- Kirbourg dans la rue de la porte d’en bas, mais une belle demeure bourgeoise semblable à la maison beaucoup plus petite de Landsberg qui ne fut démolie qu’en 1858 et décrite en paroles et en images par L. Benoît.

Que reste-t-il alors du vieux baillage de Croy ? La fosse de puits creusée dans la cour, les murs de fondation, peut-être aussi partiellement le mur d’enceinte du rez-de-chaussée, c'est-à-dire celui menant vers la place de justice qui comprend une épaisseur d’environ 0.95 mètres (contre 0.65 mètre à la façade avant). En haut dans le pignon de la face arrière se trouvent trois hauts encadrements de fenêtre en grès divisés respectivement en quatre ouvertures presque carré (croisées) dans le style renaissance, dont deux servent actuellement à éclairer le grenier. Autrefois, ceux-ci étaient sûrement placés dans un meilleur endroit de la maison de Salm et il est fort probable que toute la maison était munie de telles fenêtres.

Note (1) A partir de ce moment, une enseigne suspendue à la façade principale témoignait du nouveau rang officiel de la maison. Cette enseigne(actuellement en possession de maître Ditsch) présente deux inscriptions : AU MOUTON D’OR-BON LOGIS en haut et POSTE ROYALE en bas- l’image d’un agneau d’or avec en dessous, celle de deux postiers galopant à cheval.

(page 239) Ce qu’il y a de frappant à la construction d’aujourd’hui c’est :

1. la largeur énorme de la façade-pignon sise dans la rue de la porte d’en haut, environ 13.75 mètres

2. la largeur inaccoutumée du vestibule (3 mètres) qui fait pour ainsi dire une maison double de cette construction au rez-de-chaussée, ce qu’elle était d’ailleurs vraiment pendant quelques temps d’après le registre foncier.

Puisqu’il est avéré que la maison 121 à Fénétrange occupe l’ancien logement de service de Moscherosch, il serait tout à fait indiqué d’apposer une plaque commémorative à la façade de celle-ci, qui rappellerait aux étrangers et aux autochtones que les écrits les plus remarquables du célèbre auteur satirique ont été crées en ce lieu de 1636 à 1642.

Avant de quitter ce lieu vénérable, nous allons encore essayer de nous représenter l’ancien voisinage autour du lieu résidentiel du bailli poméranien.

Du haut de ses fenêtres donnant sur la rue de la porte d’en haut, Moscherosch apercevait à sa droite le côté sud-ouest du château seigneurial et notamment le pont menant vers l’entrée (pont du chasteau). Son suzerain et maître Monseigneur le duc de Croy et d’Arschoty a cependant rarement habité alors, car comme il s’adonnait à ses études, il séjournait le plus souvent en Angleterre ou en Pméranie. Le château se trouvait si près de la maison de Salm (à environ 45 mètres de distance) que la famille Moscherosch pouvait facilement s’y réfugier en cas de danger imminent, comme c’est d’ailleurs vraiment arrivé lors de la soudaine panique qui éclata à Fénétrange le 3 octobre 1641 ; Juste en face de la “maison de Croi” à l’angle des rue porte d’en haut – porte d’en bas se trouvait en bonne position la maison des héritiers de Wenceslas Vogel (la maison des héritiers de Wenceslas Vogel, maintenant maison Eiselé N° 123, construite en 1755). Note (1) Sur le côté extérieur de la porte d’en haut, à droite de la sortie, une plaque commémorative en fonte fut apposée avec l’inscription suivante : “En mémoire de Jean Michel Moscherosch, bailli à Fénétrange de 1635 à 1642”. Il est cependant fort probable que la date de 1635 n’est pas juste.

(page 240) Parmi les héritiers de la famille Vogel il y avait aussi l’ennemi injuste de Moscherosch, le collègue Daniel Vogel de la maison Rhingrave-Daun qui n’habitait cependant pas la maison puisque son logement de service se trouvait dans la petite partie du château seigneurial connue sous le nom de vieille bâtisse. Mais le bailli poméranien pouvait tout de même être exposé à tout instant au désagrément provoqué par la vue de son ennemi juré ou d’un membre de la famille haïe. La maison de Landsberg venait toucher au sud de celle des Vogel, où le bailli du duc d’Havré François Thomas, le collègue le plus proche de l’auteur satirique et du nombre de ses pires ennemis, exerçait ses fonctions. Et un peu plus loin dans la même direction, à l’angle rue de la porte d’en bas – venelle du moulin (Mühlgass) se trouvait la maison de Drey où le bailli fénétrangeois  de la maison Rhingrave-Kyrbourg Jean Barthélemy Dieter, l’ennemi enragé de Moscherosch – malgré sa qualité d’oncle de la troisième de celui-ci – avait son logement de service. La rue de la porte d’en haut passant devant la maison de Salm servait de limite perspective ; vers la droite la porte d’en haut près de laquelle Moscherosch avait son poste (1), vers la gauche, à une distance sensiblement égale (50 à 60 mètres), l’église protestante (maintenant catholique) où le bailli poméranien, un luthérien austère, était habituellement assis chaque dimanche aux pieds du pasteur local Sébastien Koenig. Derrière l’église se trouvait le presbytère protestant (maintenant catholique) ; devant l’église, au tournant de la venelle qui reliait le palais de justice à la rue de la porte d’en bas, là même où se trouve actuellement la maison d’angle Jérémie Bricka N°117 s’élevait la chancellerie de la Seigneurie de Fénétrange, où Moscherosch siégeait chaque semaine au tribunal en compagnie de ses confrères, confrères formant avec lui une cour  de justice assurément étrange, dont les membres se haïssaient mutuellement à mort et qui, selon les dires de l’auteur satirique, essayaient effectivement d’attenter mutuellement à leurs jours. La maison de Kilbourg (1713, maison de Kilbourg, maintenant maison Bazin, N° 57), située un peu en retrait mais bien dégagée de tous côtés, offrait une vue sur la place de justice contigue au bailliage de la Maison de Croy.

Note (1) Cf Insomnis cura chapitre II fin où il est dit “vers laquelle je me suis mis à courir avec mon arme (moi Moscherosch) pour y prendre mon poste près de la porte d’en haut…”

 ( page 241) C’était probablement une ancienne propriété du bailli Matthieu Kilbourger  de la maison Rhingrave-Kilbourg c'est-à-dire du chef de la lignée portant le même nom (mort en 1621) duquel elle passa à son fils aîné qui lui succéda comme bailli et qui n’était d’autre que le D’utriusque juris et Maître Chirurgus Philippus Kilbourger (mort en 1637) et plus tard aux héritiers de celui-ci      ( “les héritiers de la maison de Kilbourg ”). Des deux côtés de la maison de Kilbourg deux rues latérales débouchent de part et d’autre sur le place de Justice, dont l’une, le venelle de Keller menait directement vers le vieille bâtisse qui était en ce temps là le bailliage (actuellement jardin de l’hôpital) de la Maison Rhingrave-Daun, alors que l’autre, qui y menait également, passait devant le billage ducal de la Maison de Salm où siégeait l’agressif Sieur Derand. (1713, maison du prince de Salm où loge son ballif actuellement hôpital, N°102, Pl. N°17)

 

Chronique de la société d’histoire et de connaissance de l’antiquité lorraines. Tome 25

 

 
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